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Avec ses 6 radios, Radio France peut vous aider à apprendre le français en écoutant et en lisant certaines des centaines de rubriques disponibles sur le net.

Un exemple ? Le journal des idées, une chronique des Matins de France culture, du lundi au vendredi à 6h40 ou en podcast

 

Transcription de l’émission

Le dernier roman de Mario Vargas Llosa, Aux Cinq Rues, Lima, revient sur les années de la présidence Fujimori au Pérou. Dans les pages Débats de L’Obs, le prix Nobel de littérature s’entretient avec François Armanet de la dérive autoritaire et de la corruption qui ont marqué cette époque. L’écrivain pointe en particulier le rôle de l’âme damnée du président, l’exécuteur des basses œuvres Vladimiro Montesinos, le chef des services secrets. Dans le roman, « le Docteur », utilise aussi l’assassinat médiatique. « Montesinos a utilisé la presse à sensation d’une manière systématique – explique l’écrivain. Il se servait de la presse de caniveau pour inventer des scandales, détruire des réputations, traîner dans la boue des opposants du régime, violant toutes les barrières de la vie privée. » Vargas Llosa estime que si le rôle de la presse à scandale dans les affaires politiques s’est autant développé, c’est dû « à une évolution de la culture vers le divertissement », une pente qui mène aux tabloïds, au « journalisme people », ce journalisme que nous appelons « amarillo » : jaune ». Selon lui, c’est ce qui explique en partie le succès de Donald Trump : « Il est devenu populaire parce qu’il avait un programme de télévision, il a utilisé sa célébrité et les ficelles du spectacle dans sa campagne. » Ce qui inspire à l’écrivain une réflexion sur la nature du pouvoir et la « méfiance systématique » qu’il convient de maintenir à son égard. Ainsi qu’une défense et illustration du libéralisme politique. « Parce que si on ne le limite pas, si on ne le tient pas sous une vigilance incessante, le pouvoir devient une monstruosité. Ça s’est passé en Allemagne, l’un des pays les plus cultivés du monde, en Italie, pourtant berceau de la civilisation. Il n’y a pas d’exception, ça peut surgir n’importe où à un moment donné, même dans les pays les plus vaccinés contre les excès du pouvoir. Regardez les Etats-Unis aujourd’hui. » Pour lui, qui s’inscrit dans la tradition de Schumpeter, de Hayek, d’Aron et d’Ortega y Gasset en Espagne, « le libéralisme n’est pas une idéologie mais plutôt une doctrine », où l’on trouve toutes sortes de nuances. « Le libéralisme est défendu parfois par des conservateurs et parfois par des socialistes. Nous avions des libéraux en Amérique latine, parce qu’ils refusaient le contrôle de l’Eglise sur la vie des citoyens. Mais ils ne s’intéressaient pas du tout à l’économie, et à vrai dire le libéralisme qui ne se préoccupe que du marché, du libre-échange est très limité. »

Très présent dans la presse, en Algérie comme en France, Kamel Daoud analyse avec finesse les contradictions de l’époque

Ainsi que les relations compliquées entre nos cultures si proches de part et d’autre de la méditerranée. Dans la dernière livraison de la revue WE Demain, qui fête ses 5 ans d’existence, il s’interroge sur la difficile acculturation de la démocratie dans le monde arabo-musulman, non sans rappeler qu’elle n’est pas davantage un acquis pérenne en Occident, « après deux guerres absolues, des dictatures en voisinage et des populismes qui triomphent ». Il relève que le mot n’existe pas dans la langue arabe, qu’il n’est qu’une transposition littérale et reste entaché de cette origine importée, voire imposée, « polluée par l’histoire des dominations coloniales ». Du coup « le mot démocratie ôte leur légitimité à des concepts clefs comme liberté, consensus, lois et avenir ». Et pour les islamistes le repoussoir est comme livré en bonus. « La démocratie, dans le dictionnaire des propagandes islamistes, a déjà le sens d’athéisme, d’islamophobie organisée, d’invasion, de colonisations et de croisades. »

Les écrivains et l’histoire, c’est l’autre volet de ce rapport au monde

La revue Europe consacre un dossier à Olivier Rolin, dont l’histoire, autant que la géographie du monde, constitue la trame de bien des récits. La Commune de Paris dans Un chasseur de lions, la Résistance et la Libération, ou encore Mai 68, avec Tigre en papier. À l’étranger, c’est notamment la Russie de la période soviétique qui aimante l’imagination de l’écrivain, pour des raisons identiques : comment une utopie peut-elle accoucher d’une désillusion, voire d’une tragédie ? Dans cette livraison, Pierre Michon se rappelle une visite au mausolée de Lénine en compagnie de l’auteur du Météorologue. « L’Histoire vous intéresse ? Cette enfilade de tombes et de discours sur les tombes ? » De Vladimir Ilitch, il ne reste que le masque. « Le mensonge cousu à même le corps ». « L’épopée devenue masque mortuaire ». Après la visite, Olivier Rolin lui montre dans Moscou le siège de la Tchéka, la Guépéou, le NKVD, la tête de l’hydre : la Loubianka. « Brique jaune, alignement strict, pouvoir sourd, machinerie cachée où s’originent des déserts. » Pierre Michon se souvient alors de pages de l’ancien militant de la Gauche prolétarienne et dirigeant de sa « branche militaire », des pages dans lesquelles ce bâtiment « peut être considéré comme le symbole du passage de l’enthousiasme à la terreur – les deux moments de la Révolution ».

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