Une société de consommation

En 1969, Jacques Carelman publie un étrange livre « le catalogue d’objets introuvables: … et cependant indispensables aux acrobates, ajusteurs, amateurs d’art… ».

L’auteur s’est amusé à représenter  plus de 400 objets de la vie quotidienne en les détournant de leur fontion initiale et ce jusqu’à l’absurde. Carelman invente des solutions à des problèmes qui n’existent pas. Cet ouvrage est en fait une parodie du célèbre catalogue de vente par correspondance « Manufrance ». Une évidente critique à la société de consommation naissante. Voici quelques-uns de ses inventions.

 

 

Jacques Carelman a fait produire certains de ces objets. Ils ont notamment été exposés en 2011 à Bilbao en Espagne lors de la 2ème édition « Le rire de Bilbao. Semaine internationale de la littérature et art avec humour. »

 

Boris Vian, dans sa chanson « La complainte du progrès » (1956) critique lui aussi la société de consommation :

Autrefois pour faire sa cour
On parlait d’amour
Pour mieux prouver son ardeur
On offrait son cœur

Maintenant c’est plus pareil
Ça change, ça change
Pour séduire le cher ange
On lui glisse à l’oreille
– Ah, Gudule!

Viens m’embrasser
Et je te donnerai
Un frigidaire
Un joli scooter
Un atomixaire
Et du Dunlopillo
Une cuisinière
Avec un four en verre
Des tas de couverts
Et des pelle à gâteaux

Une tourniquette
Pour faire la vinaigrette
Un bel aérateur
Pour bouffer les odeurs

Des draps qui chauffent
Un pistolet à gaufres
Un avion pour deux
Et nous serons heureux

Autrefois, s’il arrivait
Que l’on se querelle
L’air lugubre on s’en allait
En laissant la vaisselle

Maintenant, que voulez-vous
La vie est si chère
On dit rentre chez ta mère
Et l’on se garde tout
– Ah, Gudule!

Excuse-toi
Ou je reprends tout ça
Mon frigidaire
Mon armoire à cuillères
Mon évier en fer
Et mon poêle à mazout
Mon cire-godasses
Mon repasse-limaces
Mon tabouret à glace
Et mon chasse-filous

La tourniquette
A faire la vinaigrette
Le ratatine-ordures
Et le coupe-friture

Et si la belle
Se montre encore rebelle
On la fiche dehors
Pour confier son sort

Au frigidaire
A l’efface-poussière
A la cuisinière
Au lit qu’est toujours fait
Au chauffe-savates
Au canon à patates
A l’éventre-tomates
A l’écorche-poulet

Mais très très vite
On reçoit la visite
D’une tendre petite
Qui vous offre son cœur

Alors on cède
Car il faut qu’on s’entraide
Et l’on vit comme ça
Jusqu’à la prochaine fois
Et l’on vit comme ça
Jusqu’à la prochaine fois

 

 

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