La tordue

Au cours des années 90, un courant dit néoréaliste a envahi le paysage musical français en lui insufflant au passage une énergie poétique tout à fait revigorante. Parmi les figures de proue de cette nouvelle vague, est apparu un groupe tout en franchise , la Tordue. Ses membres  doivent sûrement leur succès à leur curiosité qui dépasse de beaucoup la seule musique. Littérature, poésie, et arts graphiques, leur travail transpire d’une très riche inspiration artistique le tout enrobé d’une impertinence et d’un franc-parler poétique que n’aurait pas reniés Georges Brassens.

 

 

on se moque du tiers comme du quart
le monde se fout du monde car
si l’on s’arrête cinq minutes
on voit sous la cocotte-minute
le feu à fond de train la pression
la fin tenant à un bouton
sur le fil de la dissuasion
encore une belle idée béton
on fait pousser des champignons
dans les caves de l’oncle dom-tom
gentils, gentils, les autochtones
vous reprendrez bien un bout d’atome…

– où va-t-on papa?
– je ne sais pas mais on y va
– de qui descendons-nous maman
pour être aussi condescendants?
– où va-t-on papa?
– je ne sais pas mais on y va
comme dit mon tonton
plus on est de cons plus ça se voit

qu’un petit crime se commette
là-bas à l’ombre d’une comète
parce qu’une bande de vénusiens
dans un bal en sont venus aux mains
et aussi sec notre petite planète
est au jus au courant du fait
par la lorgnette des caméras
prêtes à mater tous les coups bas
tandis qu’en bas de chez toi
de chez vous de chez nous de chez moi
quelqu’un tout seul de faim de froid
est mort en se bouffant les doigts…

– où va-t-on papa?
– je ne sais pas mais on y va
– de qui descendons-nous maman
pour être aussi condescendants?
– où va-t-on papa?
– je ne sais pas mais on y va
comme dit mon tonton
plus on est de cons plus ça se voit

des têt’ à claques portant calotte
clament à bas la capote
pisse-froid béotiens du sexe
qui mettent l’IVG à l’index
eux qui de la vie ne connaissent
que les balivernes des livres de messe
un doigt de lacrima-christi
un autre dans l’opus dei
et si l’amour peut rendre aveugle
il rend sourds ces fous qui beuglent
ces onanistes consacrés
d’eux aussi il faut se protéger…

– où va-t-on papa?
– je ne sais pas mais on y va
– de qui descendons-nous maman
pour être aussi condescendants?
– où va-t-on papa?
– je ne sais pas mais on y va
comme dit mon tonton
plus on est de cons plus ça se voit

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