C’est la rentrée. Et si on allait à l’école à pied ?

Des voitures stationnées en double-file devant l’école, des portières qui claquent, des retardataires qui traversent la rue en courant, un groupe d’enfants chahutant sans un regard pour la circulation, des pots d’échappement au niveau des têtes blondes, des enfants qui rechignent à marcher et deviennent adipeux… A chaque rentrée, c’est la même chose, on reprend ses mauvaises habitudes.

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73% des écoliers en voiture. En France, 73% des enfants utilisent, tous les jours ou occasionnellement, la voiture pour se rendre à l’école, selon un sondage effectué en 2011 par l’association Prévention routière. Et pourtant, l’école se trouve, dans 53% des cas, à moins d’un kilomètre du domicile. Seuls 12% des écoliers habitent à plus de 5 kilomètres de leur établissement. C’est d’ailleurs logique : l’administration scolaire est dévolue aux communes, les collèges relevant des départements et les lycées des régions. Cela signifie qu’un enfant fréquente – sauf exception – une école située sur le territoire de sa commune. Et l’Hexagone étant doté de presque 37 000 communes, on se doute que, dans la plupart des cas, le trajet pour l’école peut se faire à pied.

Bonnes excuses. Bien sûr, lorsqu’on suggère aux parents que leur progéniture pourrait envisager de faire le chemin autrement que dans un habitacle climatisé, toutes sortes d’objections surgissent : « il fait froid », « les voitures roulent trop vite », « les rues sont pleines de détraqués » mais aussi « je dois prendre ma voiture de toute façon ». De fait, la force des habitudes est souvent la plus forte. Et mener chaque matin son enfant à pied pour rentrer chez soi par le même chemin avant de monter dans son véhicule, cela prend beaucoup de temps.https://i1.wp.com/transports.blog.lemonde.fr/files/2014/09/Pedibus-St-genis-2486.jpg

La solution, le bus à pied. La solution réside sans doute dans les « pedibus », ou « bus à pied » mis en place dans certaines communes. Chaque matin et chaque soir, deux parents bénévoles, ou des agents municipaux, revêtus d’une veste jaune fluorescente, se relaient pour emmener un groupe d’enfants à l’école. Le pédibus, parfois appelé « carapattes », « écolôbus » ou bus pédestre, fonctionne exactement comme un bus : une « ligne » desservant le quartier est tracée, ainsi que des « arrêts » auxquels on se retrouve à une heure précise. D’autres formules, baptisées vélobus ou caracycles, utilisent des bicyclettes.

Le pédibus en danger. De nombreuses villes, grandes ou petites (ici Bousbeque, Nord), encouragent ce mode de ramassage scolaire, quitte à demander aux parents une participation de 2 ou 3 € par an, afin de financer un contrat d’assurance. Mais le pédibus ne rencontre pas toujours le succès qu’il mérite. Dans le Grand Lyon, on comptait en 2013 moins de « lignes » qu’en 2010. Par ailleurs, il est difficile de pérenniser le système (à ce propos, un article publié en septembre 2013). A Amfreville-la-Mivoie (Seine-Maritime), le système « est en péril, par manque d’accompagnateurs », peut-on lire dans Paris-Normandie. Des parents s’investissent pendant quelques mois, voire quelques années, puis leurs enfants grandissent et ils passent à autre chose. Et leurs successeurs, jeunes parents, préfèrent emmener leurs enfants à l’école en voiture. Rien de plus normal, après tout : lorsqu’ils étaient petits, leurs propres parents faisaient de même.

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