César 2014

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Création

Créée en 1974, à l’initiative de Georges Cravenne, l’Académie des Arts et Techniques du Cinéma (« l’Académie ») regroupe des professionnels de l’industrie cinématographique et des personnalités qui se sont rassemblés afin de rappeler le caractère éminemment collectif de la création cinématographique, et d’attirer l’attention du public sur ces professionnels qui, par l’alliance passionnée et exigeante de leurs compétences, fondent la singularité essentielle du film de cinéma.

C’est dans ce but qu’ils récompensent, chaque année, les artistes, les techniciens et les films qui leur ont paru les plus remarquables, en leur décernant un trophée appelé « César » (une reproduction personnalisée de l’oeuvre créée spécialement à cet effet par le sculpteur César, lors de la fondation de l’Académie).

Les « César » sont ainsi attribués annuellement, à la fin du premier trimestre, à l’issue d’un vote des membres de l’Académie portant sur les films sortis en salles entre le 1er janvier et le 31 décembre de l’année précédente, et sur les artistes et techniciens ayant participé à ces films.

Les résultats sont dévoilés et les Trophées sont remis aux lauréats lors d’une soirée, la « Cérémonie des César », placée sous la Présidence d’une personnalité éminente du cinéma, et qui se déroule dans une des salles de spectacles les plus prestigieuses de la capitale.

Les principaux lauréats des 39es Césars

Meilleur film : Les Garçons et Guillaume, à table !, de Guillaume Gallienne


Meilleur réalisateur : Roman Polanski, pour La Vénus à la fourrure


Meilleure actrice : Sandrine Kiberlain, dans 9 mois ferme, d’Albert Dupontel


Meilleur acteur : Guillaume Gallienne, dans Les Garçons et Guillaume, à table !
Meilleure actrice dans un second rôle : Adèle Haenel, dans Suzanne, de Katell Quillévéré


Meilleur acteur dans un second rôle : Niels Arestrup, dans Quai d’Orsay, de Bertrand Tavernier


Meilleur espoir féminin : Adèle Exarchopoulos, dans La Vie d’Adèle, chapitres 1 & 2, d’Abdellatif Kechiche


Meilleur espoir masculin : Pierre Deladonchamps, dans L’Inconnu du lac, d’Alain Guiraudie


Meilleur film étranger : Alabama Monroe, de Félix Van Groeningen (Belgique)

Qu’en pensent les médias ?

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 César 2014 : un palmarès aberrant

Cinq trophées pour Guillaume Gallienne et sa comédie de genres, seulement un César pour “La Vie d’Adèle” et un autre pour “l’Inconnu du lac” : cette 39e cérémonie est passée à côté de deux gestes artistiques forts de 2013.

On ne peut pas reprocher aux César de ne pas encourager les débutants. Après Camille Claudel (Bruno Nuytten, 1989), Les Nuits fauves (Cyril Collard, 1993), La Vie rêvée des anges (Erik Zonca, 1999) et Le Goût des autres (Agnès Jaoui, 2001), le César du Meilleur film a été décerné à un premier film : Les garçons et Guillaume, à table, de Guillaume Gallienne, vainqueur haut la main de la 39e cérémonie des César avec cinq trophées.

A celui du meilleur film et du Meilleur premier film donc, s’ajoutent celui du Meilleur acteur, de la Meilleure adaptation et du Meilleur montage. Un éclair de lucidité est venu tempérer cette euphorie pro-Guillaume : le César du Meilleur réalisateur n’est quand même pas revenu à cette pochade sous-filmée. Pour ne pas avoir à l’attribuer à Abdellatif Kechiche, qui semble désormais cristalliser beaucoup d’animosité, la majorité des votants a préféré plébisciter rien moins que pour la quatrième fois Roman Polanski, pour sa Vénus à la fourrure. Même lui, très surpris et presqu’un peu gêné, semblait trouver la faveur disproportionnée.

Depuis que les César existent (leur création date de 1976), seulement trois films français ont remporté la Palme d’or à Cannes. Mais seul Amour (Michael Haneke) a réalisé le doublé Palme + César. Mais comme Entre les murs (Laurent Cantet) et surtout Sous le soleil de Satan de Maurice Pialat, La Vie d’Adèle appartient à la liste des films français ayant décroché la Palme mais pas le César du Meilleur film. L’ascendance devrait consoler un peu Abdellatif Kechiche.

La mise à l’écart de La Vie d’Adèle est en tout cas une des aberrations d’une soirée qui en comportait plus d’une. Le film de Kechiche n’est quand même pas reparti bredouille. Heureusement imbattable, Adèle Exarchopoulos a remporté le César du Meilleur espoir féminin.

L’autre très grand film français de l’année, L’Inconnu du lac d’Alain Guiraudie, n’a pas fait un meilleur score. César du meilleur espoir masculin pour Pierre Deladonchamps, c’est une victoire qui nous réjouit mais c’est vraiment insuffisant. En se détournant de La Vie d’Adèle et de L’Inconnu du lac, la profession (en tout cas celle que représente les votants majoritaires) a négligé les deux gestes artistiques forts de l’année.

>> A lire aussi : “L’Inconnu du lac” : chef-d’œuvre

Et au profit de quoi ? D’un cinéma d’auteur-acteur mi-personnel, mi-formaté, militant chevronné pour une LOL-attitude. Après Les garçons et Guillame…, c’est une autre comédie qui a tiré son épingle du jeu. Neuf mois ferme d’Albert Dupontel cumule deux prix : Meilleur scénario original et Meilleure actrice pour Sandrine Kiberlain (excellente comédienne qu’on a préféré cette année dans une comédie policière autrement plus remuante, Tip-Top de Serge Bozon).

Sinon la soirée était sinistre. Il fallait une bonne dose d’insensibilité pour ne pas être terrassé de gêne face à l’hécatombe de vannes mal écrites que la maîtresse de cérémonie (Cécile de France, sur le fil, voire un peu à côté) et les remettants les moins récalcitrants ont accepté de jouer. Coïncidence malheureuse ou signe de sensible désaffection, certains des nommés les plus en vue n’étaient d’ailleurs pas dans la salle (Abdellatif Kechiche, Albert Dupontel, Catherine Deneuve, Fabrice Luchini, Fanny Ardant, Mads Mikkelsen…).

A mi-parcours, la soirée réservait néanmoins un beau moment : le léger tremblé vocal, tout en sanglots ravalés, d’Adèle Haenel, justement récompensée du César de la Meilleure actrice dans un second rôle pour Suzanne, remerciant “Céline…parce que je l’aime”. Faute d’avoir vu couronné La Vie d’Adèle, on se souviendra ce soir là de la voix d’Adèle. L’autre. Tout aussi émouvante en amoureuse.
Jean-Marc Lalanne

 

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Une moisson de Césars pour Guillaume Gallienne

Les Garçons et Guillaume, à table ! a triomphé lors de la 39e cérémonie des Césars, organisée vendredi 28 février au Théâtre du Châtelet à Paris. Le premier long-métrage de Guillaume Gallienne a valu à son auteur les trophées du meilleur film, du meilleur premier film, de la meilleure adaptation, du meilleur acteur (quatre récompenses donc pour la même personne puisque le sociétaire de la Comédie-Française avait adapté lui-même son spectacle pour le cinéma) et du meilleur montage.

Lire  le portrait de Guillaume Gallienne (paru dans M, le magazine du Monde)

A part ces cinq Césars, les autres trophées ont été saupoudrés entre les différents films nommés par les votants de l’Académie des arts et techniques du cinéma au long d’une cérémonie peut-être un peu plus soporifique qu’à l’ordinaire, malgré les vaillants efforts de la maîtresse de cérémonie, Cécile de France, qui remplaçait Antoine de Caunes pour animer la soirée.

L'actrice Cécile de France en maîtresse de cérémonie des 39es Césars au Théâtre du Châtelet à Paris, le 28 février 2014.

Onze films ont été primés dans les dix-sept catégories qui concernaient les longs-métrages français : de L’Extravagant Voyage du jeune et prodigieux T.S. Spivet, de Jean-Pierre Jeunet (meilleure photo) à Michael Koolhaas, d’Arnaud des Pallières (meilleur son, meilleure musique à Martin Wheeler) en passant par L’Ecume des jours, de Michel Gondry (meilleur décor), Renoir, de Gilles Bourdos (meilleurs costumes), L’Inconnu du lac, d’Alain Guiraudie (meilleur espoir masculin à Pierre Deladonchamps), Quai d’Orsay, de Bertrand Tavernier (meilleur second masculin à Niels Arestrup) et Suzanne, de Katell Quillévéré (meilleur second rôle féminin à Adèle Haenel).

Roman Polanski a remporté son quatrième César de réalisateur (après ceux reçus pour Tess, Le Pianiste et The Ghost Writer) pour La Vénus à la fourrure. Enfin, 9 mois ferme, d’Albert Dupontel l’a emporté dans les catégories scénario et actrice, puisque le César est allé à Sandrine Kiberlain.

Lire le portrait de Sandrine Kiberlain (paru dans M, le magazine du Monde)

Adèle Exarchopoulos (meilleur espoir féminin) et Sandrine Kiberlain (meilleure actrice) avec leurs Césars au Théâtre du Châtelet à Paris, le 28 février 2014.

ABDELLATIF KECHICHE GRAND ABSENT DE LA SOIRÉE

Le grand perdant de la soirée est donc La Vie d’Adèle, d’Abdellatif Kechiche, qui n’a été distingué que par le César de l’espoir féminin, remis à Adèle Exarchopoulos. Le réalisateur était absent, ce qu’a regretté la jeune actrice. Il est vrai que l’appel des présents au début de la soirée fut sans doute le moment le plus intense.

On se demandait si Julie Gayet, nommée dans la catégorie second rôle féminin pour son personnage de haute fonctionnaire sadique dans Quai d’Orsay serait présente, et elle est venue. On se demandait si les disputes publiques qui ont opposé Abdellatif Kechiche à ses actrices – surtout à Léa Seydoux – auraient laissé des traces : suffisamment pour que le réalisateur ne vienne pas.

Quentin Tarantino a remis un César d’honneur à Scarlett Johansson, le trophée du documentaire est allé à Sur le chemin de l’école, de Pascal Plisson, celui du long-métrage animé à Loulou, l’incroyable secret, d’Eric Omond et celui du meilleur film étranger à Alabama Monroe, du Belge Félix Van Groeningen. Ce dernier était absent, sans doute déjà en Californie à la veille de la cérémonie des Oscars, dimanche 2 mars, où le film est nommé. Tout comme le lauréat du César du court-métrage : Avant que de tout perdre, de Xavier Legrand avec Léa Drucker.

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