Un nouveau gouvernement pour l’Italie

Depuis quelques semaines la Une des grands quotidiens italiens a été occupée par le remaniement du gouvernement, les journaux français leur font écho :

LE FIGARO

Matteo Renzi devient le plus jeune premier ministre de l’histoire de l’Italie

-

Au forceps, en bousculant les partenaires de sa coalition, et en six jours – un temps record en Italie – Matteo Renzi devait présenter vendredi son gouvernement, le 65e depuis la Libération. Il s’est rendu dans l’après-midi au Quirinal pour en soumettre la liste au chef de l’État, Giorgio Napolitano, avant de la présenter par la suite à la presse. Matteo Renzi avait été pressenti dès lundi dernier, trois jours seulement après la démission d’Enrico Letta, démocrate comme lui, dont il a précipité la chute.

Seize ministres ont été nommés, huit hommes et huit femmes, ce qui en fait une équipe restreinte, pour les canons de la politique italienne du moins. L’étoile filante de la politique italienne a prêté serment ce samedi et se présentera lundi au Sénat, et mardi à la Chambre des Députés, pour recevoir l’investiture. A 39 ans, cela fera de lui le plus jeune Président du Conseil italien.

Neuf formations composent sa majorité: toutes ont soutenu le gouvernement précédent qui a duré dix mois. Les principales sont le parti Démocrate, le Nouveau Centre-droit (NCD) du berlusconien dissident Angelino Alfano, le «Choix civique» de l’ex- Premier ministre Mario Monti, et un parti centriste, «les Populaires pour l’Italie».

Un homme «habile» assure le Cavaliere

Matteo Renzi inaugure avec fougue un nouveau style de gouvernement appelé à faire école. Les Romains ont été étonnés et ravis cette semaine de le voir se rendant à pied au siège de son parti, sans escorte. Son visage rond, son dynamisme, ses manières enjouées, son profil qui fait irrésistiblement penser à un portrait du Caravage, forcent la sympathie. Il discute volontiers avec l’épicier sur le pas de sa porte ou avec l’éboueur. Quand il lui faut prendre une voiture, il se met au volant d’une Smart.

Sans être encore dans la peau d’un premier ministre, il a gardé les habitudes et le contact direct du maire de Florence qu’il a été pendant quatre ans, jusqu’à lundi dernier.

«Allergique» aux interminables réunions de majorité, il a souvent cédé sa place, dans les consultations de cette semaine, à l’ami fidèle Graziano Delrio, un endocrinologue de 54 ans qui va jouer un rôle fondamental dans son système de pouvoir. Pragmatique, il bouscule les canons de la politique pour parvenir à ses fins. Il l’a montré le 18 janvier en recevant Silvio Berlusconi au siège du Parti démocrate pour élaborer une nouvelle loi électorale et en le consultant à nouveau cette semaine. «Renzi est habile et déterminé. Il a déjà compris tant de choses, a commenté le Cavaliere à sa sortie. Etce n’est pas un personnage de l’école communiste.»

 

 

LIBERATION

Italie: Matteo Renzi et son gouvernement de jeunes et de femmes a pris ses fonctions

c45b5bd4a0515d412d205a21ffbce3aeccc965be

Le benjamin des dirigeants européens Matteo Renzi et son gouvernement de jeunes et de femmes ont prêté serment samedi à la présidence italienne, et s’est mis tout de suite au travail.

Agé de 39 ans, M. Renzi a été le premier à jurer fidélité à la Constitution devant le président Giorgio Napolitano, avant chacun de ses ministres.

Sous les lambris dorés de la présidence, seul manquait à l’appel Pier Carlo Padoan, nommé à l’Economie et aux Finances, parti vendredi de Sydney où il se trouvait pour le G20 mais qui ne devrait arriver que samedi soir à Rome.

M. Renzi, accompagné de sa femme Agnese et de leurs trois enfants, vêtus aux couleurs du drapeau italien, a remercié le président Napolitano pour sa confiance sous le crépitement des appareils photos.

«La tâche est difficile mais nous sommes l’Italie, nous y arriverons. Notre engagement: rester nous-mêmes; des gens libres et simples», a tweeté Matteo Renzi avant la cérémonie. A l’issue de la cérémonie, il s’est rendu au siège du gouvernement pour le passage de consigne avec son prédécesseur Enrico Letta, une formalité achevée en 20 secondes avec une froideur inhabituelle de la part du Premier ministre évincé, on constaté les journalistes.

M. Letta, en place depuis seulement dix mois, avait été contraint à la démission le 14 février suite à une motion votée par la direction du Parti démocrate (PD, centre gauche) dont M. Renzi a pris la tête en décembre. M. Renzi a présidé ensuite son premier Conseil des ministres consacré aux nominations indispensables pour le fonctionnement du gouvernement.

Fort de 16 ministres, dont les deux tiers sont nouveaux, ce nouvel exécutif a tout, sur le papier, pour «redonner l’espoir» aux Italiens, selon M. Renzi. Mais dans les faits, prévenaient les quotidiens italiens, rien n’est moins sûr. «C’est un gouvernement Renzi, et rien d’autre. Beaucoup de nouveaux, peu de personnalités. Beaucoup de femmes, de jeunes (…) un exécutif fait pour un chef», résume Ezio Mauro, directeur du journal Repubblica.

Mais, ajoute-t-il, «Renzi semble ramener toute la couverture à lui, sur son énergie politique», ce qui l’expose «comme jamais».

– ‘Acrobate seul et sans filet’ –

Une situation dont le nouveau dirigeant de 39 ans est apparemment conscient: «nous ne risquons pas seulement notre carrière mais aussi notre tête». Pour Antonio Polito du Corriere della Sera, «ce nouveau gouvernement est la photographie de la recherche avide de nouveauté du Premier ministre». Mais il fait face à des «limites»: avec un «Parlement sans (vraie, NDLR) majorité électorale», M. Renzi, comme son prédécesseur, sera contraint de s’appuyer sur une coalition gauche-droite pour gouverner face à une «Europe qui nous regarde encore de travers».

La Stampa émet des «doutes» sur sa «capacité à peser sur la pire crise économique que l’Italie ait connue depuis la fin de la guerre», avec une dette abyssale (plus de 130% du PIB) et une croissance poussive (+0,1% au 4e trimestre 2013) après deux ans de récession. «Seulement trois techniciens» parmi le gouvernement, composé d’une majorité de «politiques» dont beaucoup inexpérimentés, précise le quotidien, qui déplore aussi l’absence de «personnalités +anticonformistes+ que tout le monde attendait».

Parmi les «technocrates», une figure fait l’unanimité, celle de Pier Carlo Padoan. Chef économiste de l’OCDE, ce Romain de 63 ans «à la valeur indiscutable» est «apprécié à l’étranger, notamment comme négociateur (…) même si en économie, seuls les faits comptent», souligne le quotidien économique Il Sole 24Ore. L’une des «personnalités» qui fait défaut au gouvernement est certainement le procureur adjoint de Reggio Calabria, symbole de la lutte anti-mafia, Nicola Gratteri, pressenti à la Justice. Selon la presse, M. Napolitano ne voulait pas d’un magistrat comme Garde des Sceaux. «Si le Premier ministre était ce qu’il dit être (porteur de changement, ndlr), il aurait tenu bon sur Gratteri», déplore Il Fatto Quotidiano.

Une inquiétude que partage Ezio Mauro: Renzi, «l’acrobate, est sur un fil seul et sans filet. Espérons qu’il réussisse: car après lui, ne restent que les clowns populistes».

 

COURRIER INTERNATIONAL

kjh

Le chef du centre gauche Matteo Renzi a accepté vendredi de devenir Premier ministre à la tête d’un gouvernement formé pour la première fois pour moitié de femmes, dont il souhaite qu’il « redonne l’espoir » aux Italiens. Assurant sentir une grande « responsabilité » en raison de la « délicatesse » de la situation, M. Renzi a affirmé qu’il fera « tout son possible pour mériter la confiance des millions d’Italiennes et d’Italiens qui attendent des réponses concrètes de la part de ce gouvernement ».

La cérémonie de prestation de serment du plus jeune gouvernement jamais désigné en Italie (avec un âge moyen de 47,8 ans) est prévue samedi à 10H30 GMT à la présidence de la République. Matteo Renzi, qui devient à 39 ans le plus jeune chef de gouvernement de l’Union européenne, a ensuite lu la liste de ses 16 ministres, en se disant fier d’y compter 50% de femmes « pour la première fois dans l’histoire de l’Italie ».

Pour les postes-clé, M. Renzi a nommé Pier Carlo Padoan à l’Economie et aux Finances tandis qu’Angelino Alfano, chef du Nouveau centre droit (NCD) dont les sénateurs sont essentiels pour la survie du gouvernement, s’est vu confirmé au poste de ministre de l’Intérieur. Il s’appuiera sur la même majorité gauche-droite que son prédécesseur, Enrico Letta.

Selon les médias et une source proche de l’économiste, le nom de M. Padoan a été imposé à Matteo Renzi par le président Napolitano. Aux yeux du président, M. Padoan, jusqu’à présent chef économiste de l’OCDE, a le double avantage d’être un économiste reconnu et une personnalité respectée sur la scène internationale.

Un aspect essentiel pour la crédibilité d’une Italie toujours très endettée (plus de 130% du PIB) et qui émerge à peine de deux ans de récession.Le nouveau Premier ministre a rappelé qu’il compte d’abord s’attaquer aux réformes, comme celle du mode de scrutin électoral et l’abolition du Sénat. Mais tout de suite après, il affrontera le problème de l’emploi.

– Un gouvernement pour quatre ans ? –

M. Renzi a justifié la longueur – deux heures et demi – de l’entrevue avec M. Napolitano, en soulignant que ce temps a été « bien investi puisque nous devons bâtir un gouvernement pour 4 ans »: « nous ne risquons pas seulement notre carrière mais aussi notre tête », a-t-il lancé.Le président Napolitano, intervenu après lui devant la presse, a lui aussi démenti toute tension avec le nouveau Premier ministre, confirmant que c’est « un gouvernement prévu pour durer toute la législature ».

« Il n’y a eu aucun bras de fer », a-t-il martelé, affirmant que « la longueur de l’entretien s’explique par le fait que la nouvelle équipe comprend beaucoup de noms nouveaux ».La prérogative du Premier ministre, qui consiste à présenter la liste de ses ministres au président, a été « parfaitement respectée dans un climat serein de pleine collaboration institutionnelle », a assuré M. Napolitano.

Ce n’était pas l’avis de l’éditorialiste et ex-directeur du Corriere della Sera Paolo Mieli: « 2H30 de discussion, cela signifie de fortes tensions et qu’ils ont dû trouver un accord délicat, qui n’a sans doute satisfait pleinement aucun des deux. Alors que Renzi avait dit que tout aurait été clair, facile, qu’il avait déjà les noms en tête ». Selon les médias, l’une des pierres d’achoppement a été l’important ministère des Affaires étrangères, où M. Napolitano voulait maintenir Emma Bonino, membre du petit Parti radical et surtout ex-commissaire européenne particulièrement expérimentée.

M. Renzi a réussi à y propulser Federica Mogherini, qui, à 40 ans, devient la plus jeune titulaire de ce ministère. Elle était jusqu’à présent responsable des affaires européennes au Parti Démocrate (PD), que dirige M. Renzi. Pour le délicat ministère de la Justice, M. Renzi a choisi Andrea Orlando, à la personnalité plutôt effacée et qui ne devrait pas être jugé menaçant par Silvio Berlusconi. Selon les médias, le Cavaliere aurait conditionné son soutien aux réformes institutionnelles programmées par M. Renzi à la nomination d’un ministre particulièrement attentif « aux droits des prévenus ».

Nichi Vendola, chef du petit parti de gauche SEL, a immédiatement critiqué l’équipe composée par M. Renzi, estimant que « la montagne (allusion aux espoirs de changement qu’il suscite, ndlr) a accouché d’une souris ».

 

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s