Fauve ≠ est l’un des phénomènes de l’année : rien de mieux qu’une  interview pour comprendre le groupe.

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Votre premier concert, c’était quand ?
A Paris, à la Loge, il y a un an. C’était petit, mais blindé. C’était catastrophique, on a fait cinq titres en 20 minutes, on a mal joué. On était dans le noir, les gens étaient assis. C’était foireux, mais l’adrénaline était là. Le premier concert, c’était symbolique.  Le deuxième, c’était en septembre aux Buttes Chaumont. Les trois premiers concerts, on découvrait sur scène ce que ça allait rendre, on répétait dans nos chambres, chez les parents. C’est à partir d’octobre, à la Maroquinerie, qu’on a fait le premier concert dans la formule comme aujourd’hui, à cinq, et il s’est passé un truc.
Comment Fauve a commencé ?
La seule règle au départ, c’était de se retrouver pour vider son sac ensemble. Ça s’est vraiment fait comme ça. Quand tu écoutes Kané ou Sainte-Anne, ça s’entend. Expulser, c’est les séances de psy qu’on ne faisait pas. Raconter sans fiction. Il y avait ce besoin de construire quelque chose de thérapeutique, et de s’occuper. Les vannes sautent, quand on écrivait et qu’on enregistrait, on était un peu en perte de contrôle, il y avait un truc effréné. C’était une fuite en avant. Après, tu mets des trucs en ligne pour le faire exister. C’est plus bandant que de dire « je fais du droit ». Puis il y a eu des bonnes réactions. Ces aveux, ils sont reçus et validés, ça soulage. Si tu racontes ta vie de mec normal, les gens normaux comprennent. Notre normalité, c’est nos peurs, nos angoisses. Ça a été une putain de soupape. Ça change tout, ça change ta vie. C’est fini le bureau.
Vous vous connaissez depuis quand ?
On est potes d’enfance et de fac. Des relations depuis au moins dix ans. On était tous potes avant de faire de la musique ensemble. Aujourd’hui, on est contacté pour des projets par des gens qu’on ne connaît pas. Tant mieux, plus on est nombreux plus on est forts. Le noyau dur du collectif, c’est des potes. Si un pote a envie de participer, on lui trouvera quelque chose à faire. C’est hyper important pour nous. Parfois, on voit des groupes où il y a un leader avec des musiciens payés au cachet, comme des collègues de travail, on trouve ça un peu triste. Pour nous l’aventure humaine est plus importante que la musique. On ne parle pas que de musique. On est d’abord amis, bienveillants les uns avec les autres.
L’idée de dire les textes plutôt que de les chanter, c’est venu comment ?
Quand on a commencé Fauve, il y avait des chansons chantées. Mais c’était moins fort. C’est une des sources de frustration qui ont donné Fauve. Il y avait un truc étriqué qui ne nous plaisait pas. Il y a presque deux ans, on avait enregistré un EP, avec beaucoup de trucs chantés. Il était fini, et à la fin on était tous d’accord pour se dire que ce n’était pas bien. Chacun avait peur de le dire aux autres, et on a été soulagés de voir qu’en fait on était d’accord. On a tout jeté, on ajuste gardé Kané. Il y avait cette énorme frustration par rapport à la mélodie. Elle s’est ajoutée à mon insatisfaction par rapport à d’autres choses. On devait travailler une mélodie. J’étais en colère, je n’arrivais pas à évacuer. Je prenais un bain, ça me déstresse. J’avais les pieds dans le bain, je jouais de la guitare pendant que le bain coulait, assis sur le bord de la baignoire. Et là j’ai commencé à faire tourner des accords, tout en parlant comme je te parle là, en disant que je n’arrivais pas à écrire, que j’étais malheureux, que les mélodies ma faisaient chier. C’était hyper agressif, mais ça m’a fait tellement de bien. Ça a été un déclic, je l’ai dit aux autres. Ce n’est pas scandé, rappé, slammé, c’est parlé, comme n’importe qui. On n’a pas gardé cette chanson. Mais Kané a pris le relais. C’était ma façon de crier. L’idée, c’était qu’il n’y ait aucun obstacle à ce besoin de vider son sac. Pour que ça remplisse sa fonction : que ça aille mieux après.  S’il y a des contraintes métriques, il faut remplacer un mot par un autre pour que ça rime, et ça ne marche plus. En général, ce qui est chanté est lié à des contraintes. Rapidement, il y a eu cette volonté d’aiguiller la frustration vers du positif. Le propos a joué sur la forme.
 
Quelques chansons :






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